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Paraty vue par Jean-Paul Delfino

Brésil, Costa Verde - MamanguaA mi-chemin entre Rio de Janeiro et Sao Paulo, ses deux turbulentes voisines, Paraty fait figure d’exception, de rareté historique, voire d’oubli dans la course au progrès qui a saisi le Brésil dès le début du XIXème siècle. Fondée en 1667, durant la fièvre de l’or qui a secoué le pays dès que les premières pépites ont été extraites de la terre rouge du Minas Gerais, Paraty a tout d’abord été le refuge préféré des flibustiers et des marins portugais chargés de rapporter à Lisbonne des malles emplies d’or et de diamants. Paraty et ses galions, dans sa baie protégée, faisaient alors songer à une cité où, sans cesse, des vaisseaux mettaient à la voile, apportant avec eux des esclaves pour les mines, ferraillant avec des Frères de la côte de toutes les nationalités, relevant l’ancre, les cales bourrées d’or et de pierres précieuses.

Lorsque la capitale d’alors, Rio de Janeiro, décida de changer de port et de donner la préférence à la baie de Guanabara, Paraty s’éteignit à la façon d’une flamme de bougie dans un coup de vent de noroît. Les habitants désertèrent les lieux, abandonnant derrière eux des hôtels coloniaux, des palais de poche à l’architecture fortement inspirée du Portugal, des édifices religieux tels que l’Église Sainte-Rita. C’en était fini de l’âge de d’or de Paraty, de ses légendes et de tous les fantasmes liés aux pierres précieuses et à la contrebande.

Brésil, Costa Verde Paraty - ruelle pavéeJusqu’en 1950, plus aucune route goudronnée ne conduisit à Paraty. Les lieux restèrent en l’état. Les édifices baroques parurent figés pour l’éternité et l’on put alors parler de  Belle endormie, tout comme cela fut le cas plus tard avec Manaus, lorsque le cours du caoutchouc s’effondra sur les places mondiales.

Aujourd’hui, Paraty n’a toujours pas pris une ride et, dans la mélodie des clapotis sur le port, l’on peut encore entendre, en tendant bien l’oreille, des histoires fabuleuses de galions et de flibustiers, de montagnes d’or descendant les collines de jungle épaisse pour plonger dans l’océan et ressurgir à la surface, sous la forme de chapelets d’îles paradisiaques…

Texte : © Jean-Paul Delfino (texte protégé par la loi sur les Copyrights en vigueur)

(Retrouvez l’univers brésilien du romancier sur : https://www.facebook.com/jeanpauldelfinoromancier )

Notre description de Paraty est sur cette page : https://terra-nordeste.com/destination/paraty-costa-verde/

Les autres textes de Jean-Paul Delfino sont accessibles ici : Carnets de voyage – Jean-Paul Delfino

Jean-Paul DelfinoJean-Paul Delfino est un écrivain et scénariste français. Passionné par le Brésil et sa musique, il se consacre notamment à la publication d’une grande fresque romanesque intitulée “Suite brésilienne”, qui compte à ce jour 8 volumes, et qui retrace la grande histoire du Brésil sur plus de trois siècles.

Page Facebook de l’auteur (d’où est tirée cette présentation) : facebook.com/pg/jeanpauldelfinoromancier

Page wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Delfino

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